EN CHEMIN

Dimanche des Rameaux en Terre Sainte

PÉLERINS CHEMINANT, NOUS MARCHONS VERS TOI SEIGNEUR

POUR LA MISSION, IL FAUT PARTIR

Le pape envoie en mission les pretres
Envoi en mission par le pape François, de Pierre Hoarau et 16 autres prêtres, avec comme témoins nos gardes pontificaux.

«Même s’il est plus facile de rester chez soi»

«La mission demande de partir», a affirmé le pape François depuis Tor Vergata, à Rome, où il a rencontré des milliers de membres du Chemin néocatéchuménal, pour le 50e anniversaire de la présence de ce mouvement.

La mission se conjugue au pluriel, a encore souligné le pape : « Le Seigneur ne dit pas : “vas-y, puis toi, puis toi…”, mais “allez”, ensemble ! Etre pleinement missionnaire ce n’est pas y aller seul, mais cheminer ensemble. » Et d’encourager : « Apportez cette atmosphère familiale dans de nombreux lieux désolés et privés d’affection. Faites-vous reconnaître comme les amis de Jésus.

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Le Pape s’adresse à 150 000 membres du Chemin Néocatécuménal le 5 mai 2018. Image: Zenit.org

DISCOURS DU PAPE FRANCOIS

«Chers frères et sœurs, bonjour !

Je suis heureux de vous rencontrer et de dire avec vous : merci ! Merci à Dieu, et aussi à vous, surtout à ceux qui ont fait un long voyage pour être ici. Merci pour le “oui” que vous avez dit, merci d’avoir accueilli l’appel du Seigneur à vivre l’Evangile et à évangéliser. Et un grand merci va également à ceux qui ont commencé ce Chemin néocatéchuménal il y a cinquante ans.

Cinquante est un chiffre important dans l’Ecriture : au cinquantième jour, l’Esprit du Ressuscité descendit sur les Apôtres et manifesta au monde l’Eglise. …

Vous proclamerez la libération pour tous les habitants du pays – avait dit le Seigneur –. […] Chacun de vous réintégrera sa propriété, chacun de vous retournera dans son clan » (v. 10). Voilà, il serait beau après cinquante ans du Chemin que chacun de vous dise : “Merci, Seigneur, parce que tu m’as vraiment libéré ; parce que dans l’Eglise j’ai trouvé ma famille ; parce que dans ton baptême, les vieilles choses sont passées et je goûte une vie nouvelle (cf. 2 Cor 5,17); parce qu’à travers le Chemin tu m’as indiqué le sentier pour découvrir ton tendre amour de Père.”

Quoi que nous fassions, Dieu continue à nous aimer fidèlement. C’est la source de notre confiance, la grande consolation de la vie. Alors courage, ne vous contristez jamais ! Et quand les nuages des problèmes semblent s’épaissir lourdement sur vos journées, rappelez-vous que l’amour fidèle de Dieu resplendit toujours, comme un soleil qui ne se couche pas. Faites mémoire de son bien, plus fort que tout mal, et le doux souvenir de l’amour de Dieu vous aidera dans toute angoisse.

La mission c’est donner ce que nous avons reçu. La mission c’est d’accomplir le mandat de Jésus que nous avons écouté et sur lequel je voudrais m’arrêter avec vous : « Allez ! De toutes les nations faites des disciples. » (Mt 28,19)

Mais comment faire pour aller ? Il faut être agiles, on ne peut pas emporter tous ses bibelots. La Bible l’enseigne : quand Dieu libéra son peuple, il le fit aller dans le désert avec pour seul bagage la confiance en Lui. Et fait homme, Il marche lui-même dans la pauvreté, sans avoir où reposer la tête (cf. Lc 9,58). Il demande le même style aux siens.

Pour aller, il faut être léger. Pour annoncer, il faut renoncer. Seule une Eglise qui renonce au monde annonce bien le Seigneur. Seule une Eglise libérée du pouvoir et de l’argent, libérée des triomphalismes et des cléricalismes, témoigne de façon crédible que le Christ libère l’homme. Et celui qui, pour son amour, apprend à renoncer aux choses qui passent, embrasse ce grand trésor : la liberté. Il ne reste plus bridé par ses attachements, qui réclament toujours quelque chose de plus mais ne donnent jamais la paix, et il sent que son cœur se dilate, sans inquiétudes, disponible pour Dieu et pour les frères.

“Allez” est le verbe de la mission et cela nous dit encore une chose : qu’elle se conjugue au pluriel. Le Seigneur ne dit pas : “vas-y, puis toi, puis toi…”, mais “allez”, ensemble ! Etre pleinement missionnaire ce n’est pas y aller seul, mais c’est cheminer ensemble. Cheminer ensemble est un art à apprendre toujours, chaque jour.

Chers frères et sœurs, votre charisme est un grand don de Dieu pour l’Eglise de notre temps. Remercions le Seigneur pour ces cinquante années : un applaudissement aux cinquante ans ! Et en regardant sa fidélité paternelle, fraternelle, et aimante, ne perdez jamais confiance : Il vous protègera, vous poussera en même temps à avancer, comme disciples aimés, vers tous les peuples, avec une humble simplicité. Je vous accompagne et je vous encourage : allez de l’avant ! Et, s’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi, que je reste ici !

La mission demande de partir. Mais dans la vie, la tentation de rester, de ne pas prendre de risques, de se contenter d’avoir la situation sous contrôle, est forte. Il est plus facile de rester chez soi, entourés de ceux qui nous aiment, mais ce n’est pas le chemin de Jésus. Il envoie : “Allez”. Il n’utilise pas de demi-mesure. Il n’utilise pas des déplacements à prix réduit ou des voyages remboursés, mais il dit un seul mot à ses disciples, à tous ses disciples : “Allez !”. Allez : un appel fort qui résonne dans toute anfractuosité de la vie chrétienne ; une invitation claire à être toujours en sortie, pèlerins dans le monde à la recherche du frère qui ne connaît pas encore la joie de l’amour de Dieu.

Mais comment faire pour aller ? Il faut être agiles, on ne peut pas emporter tous ses bibelots. La Bible l’enseigne : quand Dieu libéra son peuple, il le fit aller dans le désert avec pour seul bagage la confiance en Lui. Et fait homme, Il marche lui-même dans la pauvreté, sans avoir où reposer la tête (cf. Lc 9,58). Il demande le même style aux siens.

Pour aller, il faut être léger. Pour annoncer, il faut renoncer. Seule une Eglise qui renonce au monde annonce bien le Seigneur. Seule une Eglise libérée du pouvoir et de l’argent, libérée des triomphalismes et des cléricalismes, témoigne de façon crédible que le Christ libère l’homme. Et celui qui, pour son amour, apprend à renoncer aux choses qui passent, embrasse ce grand trésor : la liberté. Il ne reste plus bridé par ses attachements, qui réclament toujours quelque chose de plus mais ne donnent jamais la paix, et il sent que son cœur se dilate, sans inquiétudes, disponible pour Dieu et pour les frères.

“Allez” est le verbe de la mission et cela nous dit encore une chose : qu’elle se conjugue au pluriel. Le Seigneur ne dit pas : “vas-y, puis toi, puis toi…”, mais “allez”, ensemble ! Etre pleinement missionnaire ce n’est pas y aller seul, mais c’est cheminer ensemble. Cheminer ensemble est un art à apprendre toujours, chaque jour

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Chers frères et sœurs, votre charisme est un grand don de Dieu pour l’Eglise de notre temps. Remercions le Seigneur pour ces cinquante années : un applaudissement aux cinquante ans ! Et en regardant sa fidélité paternelle, fraternelle, et aimante, ne perdez jamais confiance : Il vous protègera, vous poussera en même temps à avancer, comme disciples aimés, vers tous les peuples, avec une humble simplicité. Je vous accompagne et je vous encourage : allez de l’avant ! Et, s’il vous plaît, n’oubliez pas de prier pour moi, que je reste ici !

Traduction de Zenit, Anne Kuria

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